Capitale

Fort de France. Cette agglomération, pôle administratif et économique de l’île, regroupe environ 150 000 habitants (en englobant les communes alentour : principalement : Saint-Joseph, Le Lamentin, Schoelcher).

Superficie

Environ 1100 km²

Population

Environ 400 000 habitants (383 000 selon le recensement de 1999, 418 454 en 2001 selon le site Internet du FBI).  De 0 à 14 ans : 23.1 % soit environ 49016 garçons et 47653 filles. De 15 à 64 ans : 66.77 % soit environ 139106 hommes et 140291 femmes. 65 ans et plus : 10.13 % soit environ 18893 hommes et 23495 femmes. La population se compose comme suit : type africain et métisse 90 % , blanc 5 %, indien et chinois 5 %. Les composantes ethniques de cette population se sont largement mélangées au vours des années, donnant le jour à une société en grande majorité métisse. Enfin, les martiniquais sont allogènes; en effet, les Caraïbes ayant été décimés, aucun groupe ethnique ne peut se dire historiquement propriétaire de l'île. [1]
 

PIB/habitant

10 500 $ / habitant. Le niveau de vie des Antilles françaises est de façon générale plus élevé que celui des Etats voisins mais inférieur à celui des régions européennes. Cette situation est largement due au rôle joué par la France qui fait bénéficier les populations locales de prestations sociales inexistantes dans les autres pays de la région caraïbe. La Martinique tient ainsi la première place de la Caraïbe en termes de PIB/habitant, devant la Guadeloupe ( 9200 $/habitant ) et Porto Rico ( 8600 $/habitant ). Ce PIB/habitant reste cependant inférieur de moitié à celui de la France et permet encore à la Martinique d’apparaître comme l’une des zones les plus pauvres de l’Union Européenne. Ce ne sera plus le cas après l'élargissement de l'Union, intégrant les pays de l'Est beaucoup moins développés.
 

Situation géographique

La Martinique se situe dans l’archipel des Petites Antilles, baignée à l’Est par l’océan Atlantique, et à l’Ouest par la mer des Caraïbes. 7 000 kilomètres de distance séparent la Martinique de Paris, soit 8 heures de vol en avion ; 2000 kilomètres séparent la Martinique de Miami, soit trois heures de vol en avion, et 1500 kilomètres la séparent de la Guyane (continent sud-américain).

Densité au km²

Environ 370 habitants/km². La population est principalement regroupée autour du chef lieu et est donc très inégalement répartie, ceci s’expliquant notamment par la présence d’un relief très montagneux à l’intérieur des terres.

Situation économique

Selon les chiffres et statistiques, la Martinique fait figure de havre de richesse dans une Caraïbe relativement pauvre. Cependant les apparences cache une réalité parfois difficile assumer. En effet, la production locale est faible : une production agricole axée sur la monoculture de la banane rend le pays totalement dépendant de l'extérieur pour son alimentation & la production industrielle est très limitée (rhum, raffinerie de pétrole, ciment & produits laitiers principalement). Globalement, la balance commerciale est fortement déficitaire et les exportations se cantonnent à la banane, au rhum & aux produits pétroliers raffinés. L'économie est en fait basée sur la consommation, en témoigne la présence de nombreux centres commerciaux aux rayons garnis de produits importés d'Europe (même des légumes comme l'igname, à l'origine cultivés dans les pays tropicaux, proviennent du Loir et Cher !). Ce qui démontre l'artificialité du montage : la Martinique dépense alors qu'elle ne produit pas ou peu, le tout grâce aux transferts sociaux venus de France. Ce schéma peut être relativisé par le secteur touristique, aujourd'hui premier secteur économique de l'île, mais malheureusement en crise depuis quelques années.

Climat

Région tropicale au climat chaud et humide. L’année se décompose en deux saisons : Carême (période sèche) et hivernage (période pluvieuse de juin à octobre). La température oscille entre 25 et 30°C toute l’année.

Langues

Créole et Français.
Ni les langues africaines, ni les langues caraïbes n’ont survécu à la colonisation. Il est à noter que la disparition de la langue caraïbe est due au génocide de ce peuple [2], tandis que la disparition des langues africaines des esclaves s’explique par la volonté du colonisateur, qui a systématiquement mélangé des africains de langues différentes afin de rendre difficile la communication et donc les rébellions. Certains mots caraïbe existent cependant encore ( canoë par exemple ) et beaucoup de linguistes considèrent que le créole demeure fortement empreint de langues africaines, notamment au niveau des structures grammaticales et d’un « esprit » différent de celui des Européens. La situation linguistique est caractérisée par la présence d’une langue d’origine européenne, le français, qui bénéficie d’un statut de langue officielle, utilisée comme véhicule linguistique dans le système scolaire, l’administration, et majoritairement dans les médias. Le créole n’a pas préexisté à la situation coloniale, mais est né de la rencontre de différentes langues et cultures d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. La situation linguistique est caractérisée par certains de  diglossie [3] : le français est la langue dominante, utilisée dans un contexte officiel, tandis que le créole est une langue, souvent considérée comme inférieure, utilisée dans des contextes informels. La revalorisation du statut du créole, parallèlement à un travail de passage vers l’écrit, effectué par certains chercheurs, est au cœur des débats autour de l’évolution du statut de l’île.

 

Monnaie

Euro. En tant que région ultra périphérique européenne, la Martinique a adopté au 1er janvier 2002 la monnaie unique.

Religions

Du fait de sa situation de lieu d’échange où se sont rencontrées les civilisations de continents différents, la Martinique dispose d’un profil religieux assez diversifié. La majorité de la population est de confession catholique. On compte deux cathédrales, deux monastères de bénédictins, des communautés religieuses et de nombreuses églises paroissiales en témoignent. Néanmoins, de par un phénomène de syncrétisation, de nombreuses pratiques, relevant notamment de l’héritage africain et indo-pakistannais, subsistent. Le vaudou est ainsi encore présent en Martinique et dans toute la Caraïbe ; il se manifeste en Martinique sous l’expression créole « quimbois ». Des minorités juive (synagogue de Schoelcher) et musulmane sont également présentes. D’autres mouvements religieux, souvent d’origine américaine, ont également essaimés dans toute la Caraïbe notamment les Temoins de Ieovah et les Adventistes. Ces derniers ont leur office religieux, au temple Horeb de Bellevue, au temple Morija sur la route des religieuses, au temple de Kerly à Dillon et au temple Ephèse sur la route de Balata …). Certaines sectes ont aussi une forte obédience ; les Antilles sont souvent considérées comme une terre d’évangélisation. De façon générale, la société antillaise est fortement marquée par une certaine « religiosité ».
 

[1] Au vu de la loi française empêchant toute discrimination et enquête prenant en compte le type ethnique, il apparaît difficile de fournir des chiffres précis.

[2] Les dernières communautés caraïbes subsistent en Dominique.

[3] La diglossie résulte de la coexistence sur un même territoire de deux langues ayant des statuts sociaux inégaux. Dans les régions françaises d'outre-mer, le créole est parlé par la totalité de la population. Basé sur l'oralité, sa transcription dans la vie quotidienne est rare. Il est en revanche présent sous diverses formes dans la poésie et le roman. Son utilisation écrite correspond souvent à l'affirmation d'une identité et à un positionnement militant. Pour sa part, le français est la langue de l'école, de l'administration et de la majorité des médias. Il est parlé et compris par une fraction variable de la population.

Sources : pour les données géographiques & humaines, site web de la CIA ainsi que le manuel d'Histoire-Géographie Antilles-Guyane, juillet 2001, collectif, éditions Hatier International.